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Discours de Nicolas Schmit à l'occassion de 104ème session de la Conférence Internationale du Travail

Vers le niveau supérieur

Discours de Monsieur Nicolas SCHMIT, Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Economie sociale et solidaire, à l’occasion de la 104ème session de la Conférence Internationale du Travail

Monsieur le Président,

Monsieur le Directeur général,

Chers Délégués,

Dans moins de quatre ans, l’OIT célébrera son centième anniversaire, une occasion unique pour engager une vaste réflexion sur les transformations profondes du monde du travail et le rôle futur de notre Organisation. Nous voulons participer activement à cette initiative sur l’avenir du travail lancée par le Directeur général.

Le rapport présenté pour cette 104ième session de la Conférence internationale du Travail illustre la diversité et la complexité des problèmes. Il montre aussi que les valeurs et les principes qui ont été à l’origine de la création de notre Organisation doivent continuer à inspirer les réponses collectives que nous devons apporter.

Le travail reste une donnée fondamentale de la vie humaine. Il exprime ses aspirations, sa créativité, la réalisation de soi-même. S’il est source de revenu, il peut aussi être un instrument d’oppression, d’exploitation et d’exclusion, d’aliénation et d’inégalités. Ces dernières n’ont-elles pas augmenté de façon provocante, pesant ainsi sur l’efficacité économique comme sur le retour à la croissance. Les écarts de salaire ont littéralement explosé au profit d’une toute petite minorité quand la grande majorité des salaires a vu sa part stagner, voire même baisser.

Il est capital de rétablir la valeur du travail. Rappelons que la Déclaration de Philadelphia établit que le « travail n’est pas une marchandise ». Qu’en est-il aujourd’hui de ce principe ? Nous ne faisons que parler d’un marché du travail mis sur le même plan que n’importe quel marché de biens. Il est exigé de l’assouplir, de le flexibiliser, abstraction faite qu’il s’agit d’hommes et de femmes en chair et en os et non pas de biens abstraits. La crise ne nous a-t-elle pas confirmé que les marchés ne sont pas auto-régulateurs mais, qu’à défaut de règles, ils peuvent aboutir aux pires excès. Voulons-nous une société « workers on tap » comme l’a titré récemment l’Economist, corvéables et disponibles à tout instant, sans sécurité ni protection ?

Il nous appartient de penser aux 2,3 millions de travailleurs victimes d’accidents de travail mortels, mais aussi à tous ceux que le travail rend malades. Les maladies psycho-sociales dues à une insatisfaction au travail ou à un milieu professionnel hostile, détruisent des carrières, mais surtout des vies. L’engagement pour de bonnes conditions de travail, des standards en matière de sécurité et de santé, est plus nécessaire que jamais. Ce ne sont nullement des entraves bureaucratiques au bon fonctionnement des entreprises. Une entreprise moderne, compétitive et innovante doit considérer que l’investissement dans de bonnes conditions de travail ainsi que dans le bien-être et la santé de ses salariés est un investissement dans son capital le plus précieux, le capital humain. C’est le sens de la responsabilité sociale qu’il faut promouvoir.

En effet, le défi majeur pour nos sociétés reste l’emploi. Non pas un emploi précaire, informel, aux conditions de sécurité et de santé hasardeuses, mais un emploi décent, un emploi de qualité. L’emploi est la clé de l’intégration économique et sociale. Le chômage n’est pas seulement souvent synonyme de pauvreté, mais aussi d’exclusion sociale.

Comme le Luxembourg assurera à partir du 1er juillet la Présidence du Conseil de l’Union européenne, nous voulons que l’emploi devienne la grande priorité de l’Europe et de ses politiques. Près de 24 millions de chômeurs, dont 5 millions de jeunes, ne peuvent pas être considérés comme une simple variable d’ajustement. Il faut mettre en œuvre des politiques macro-économiques, budgétaires et structurelles qui ont pour objectif prioritaire la création d’emplois de qualité. Nous ne pouvons que nous rallier aux sept initiatives du centenaire, parmi lesquelles il y a l’initiative verte qui doit accompagner la transformation écologique de nos économies face au défi climatique qu’il faudra relever lors de la Conférence de Paris. Il y a l’initiative des entreprises sans lesquelles et sans leurs investissements, il n’y aura pas de création d’emploi. Nous attachons une importance particulière à l’entrepreneuriat, l’entrepreneuriat des jeunes, celui qui crée des activités, embauche et innove. Le rôle des PME doit à cet égard être particulièrement relevé. Ce sont elles qui créent les emplois, forment des jeunes.

La mutation du travail sous l’impact de changements technologiques en pleine accélération exige d’abord une adaptation fondamentale de nos systèmes d’éducation et de formation. Le renforcement et l’adaptation des compétences ainsi que la formation tout au long de la vie sont les principales réponses dans des économies qui verront disparaître des millions d’emplois remplacés par des emplois qui exigeront des qualifications bien supérieures.

Nous voulons, pendant notre Présidence, activer cette réflexion sur l’impact du changement numérique sur l’emploi mais tout particulièrement sur les nouveaux besoins de formation et de qualification.

Monsieur le Président,

Une meilleure gouvernance de la globalisation tout comme une maîtrise des mutations en cours nécessite une Organisation internationale du Travail active, à la pointe des nouvelles évolutions qui caractérisent nos économies et nos sociétés. Le dialogue tripartite reste à cet égard un grand atout qu’il faut renouveler et adapter à ces nouveaux défis. Préparons ensemble ce centenaire en partageant la ferme volonté de servir la justice.

Je vous remercie.

Genève, 10 juin 2015



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